St Lubin possède une intéressante église où se décèlent bien des influences venues de la Normandie voisine. C'est un long vaisseau sans transept constitué par une nef bordée de bas-côtés et terminée par un chœur à cinq pans qu'entoure un étroit déambulatoire. De l'édifice primitif, sans doute très éprouvé par la guerre de Cent Ans, il ne reste que les travées occidentales de la nef, massives et sombres, qui échappèrent à la reconstruction entreprise au début du XVIème siècle. On refit d'abord le chœur et la travée voisine de la nef, puis au cours d'une seconde période de travaux, les deux travées suivantes dont les bas-côtés furent couverts de voûtes très ornées à clefs pendantes. La réfection s'arrêta là. Les voutes de pierre amorcées dans le chœur et la nef ne furent jamais réalisées et on leur substitua un simple bardeau. Par contre, vers le milieu du XVI ème siècle, on rebâtit la façade principale qui fut dotée de deux portes géminées aux jambages et aux arcs ciselés de rinceaux délicats. En même temps fut commencée la tour du clocher qui ne fut achevée qu'en 1634.
Plusieurs baies ont gardé leurs verrières anciennes. La mieux conservée, dans le bas-côté nord, est consacrée à la vie de la Vierge ; en face, dans l'autre bas-côté, la fenêtre contient, outre des panneaux rapportés, trois scènes de la légende de saint Lubin, évêque de Chartres au VIème siècle. Dans la baie suivante est représenté saint Antoine avec l'image du donateur et la date 1537.
Le mobilier compte quelques bonnes statues des XVème et XVIème siècle : Vierge à l'Enfant, Pieta, sainte Anne, saint Barbe. Une niche, dans le bas-côté sud, abrite la statue couchée de marbre blanc, attribuée souvent, à l'école de Nicolas Coustou et qui surmontait jadis le tombeau de Vedeau de Grandmont, conseiller au Parlement et seigneur de Saint-Lubin, mort en 1658. Les Fonts baptismaux sont formés d'une cuve hexagonale ornés de bas-reliefs figurant le Baptême du Christ, la Vierge à l'Enfant, l'apparition de Jésus à saint Thomas. On remarquera enfin, creusée dans un pilier de la nef, une curieuse niche sculptée fermant par deux vantaux de fer, peut-être un tronc de confréries.